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Œufs Fécondés ou Stériles

M. D’HEUR

Oiseaux du Monde n°337 – Mai 2016

Il faut remarquer que, malgré la présence de tous les éléments favorables dans la constitution des couples, il arrive encore assez souvent que les œufs ne soient pas fécondés ou même stériles.

Nid et couvée de Vanneau armé.
[© Lionel Durochat]

Ces défauts des œufs peuvent avoir diverses causes qu’il est très important de connaître.

1. Le temps et la température jouent un grand rôle dans la production d’œufs fécondés ou non.

Parfois le temps du début de saison n’est pas favorable et cause des déceptions aux éleveurs avec leur première couvée. Par temps froid surtout on rencontre beaucoup d’œufs clairs dans les nids. Dans ces conditions en effet le mâle produit trop peu de spermatozoïdes ou des spermatozoïdes anormaux. Dès que le temps s’améliore et que les jours s’allongent, le soleil agit favorablement sur les fonctions génitales et la fécondation se normalise.

L’une et l’autre tare du mâle peut être à la base de la non fécondation. Si tous les œufs non fécondés proviennent d’un seul et même mâle, il faut en conclure qu’il est stérile et doit être écarté de l’élevage.

2. Il arrive aussi que la femelle, bien que semblant bien disposée, ait le mâle en aversion et refuse tout rapport avec lui.

Dans ce cas, les œufs ne peuvent être fécondés et il ne reste qu’à changer le mâle.

Un choix erroné du moment de la réunion de deux reproducteurs est une des causes principales de la non fécondation ou de la fécondation partielle de la couvée.

Je pense que nous pouvons admettre qu’un seul rapport sexuel suffit pour féconder toute la ponte, c’est-à-dire que la fécondation de chaque œuf ne nécessite pas un nouveau rapport sexuel, (mon expérience a confirmé cette thèse).

Trois jeunes Perruches calopsittes en élevage assisté.
[© & El. Lionel Durochat]

Puisque l’œuf est fécondé dans le jaune, la fécondation de vient impossible quand le blanc de l’œuf a commencé à se former autour du jaune. La femelle ne pourra pas pondre de bons œufs si on lui adjoint le mâle au moment où la formation de l’œuf a atteint un stade avancé. Ceci arrive quand la femelle a trop tôt l’envie de couver et quand les œufs ont déjà quitté le conduit avant le contact avec le mâle. Au moment de l’accouplement, il convient donc de bien examiner les femelles et de veiller à admettre le mâle au moment opportun.

3. La femelle peut être trop grasse ce qui est une autre cause d’œufs non fécondés.

Ceci arrive quand la femelle a accumulé trop de matières grasses pendant la saison d’hiver. Ce fait n’empêche pas les rapports sexuels, mais perturbe le cours des cellules mâles qui n’atteignent donc pas leur but et les œufs pondus ne valent rien.

Il existe un moyen de remédier à cet obstacle qui, chaque année, se produit dans mon propre élevage. Dans ce cas, voici comment je fais : Je laisse couver les femelles pendant une huitaine de jours, puis j’enlève les œufs et je lui donne les jeunes d’un autre nid. Une femelle qui couve depuis huit jours accepte généralement ces jeunes et en les nourrissant, elle perd toute la graisse superflue. Tout redevient normal pour la deuxième ponte.

4 – Les accouplements répétés d’un même mâle avec différentes femelles peuvent aussi nuire à la bonne qualité des œufs si les précautions voulues ne sont pas prises.

Si le mâle reste pendant de longs jours près de la même femelle il est certain que celle-ci sera vite épuisée.

Si on lui donne une autre femelle il est très possible que les œufs ne soient pas fécondés. Aux amateurs qui appliquent cet te méthode, je conseille d’être particulièrement sur leurs gardes, de suivre attentivement les accouplements et de tenir compte du fait qu’un seul rapport sexuel suffit pour féconder toute la ponte. L’épuisement de la femelle peut donc être évité en écartant le mâle dès qu’il a rempli sa fonction.

Quand la femelle nourrit, elle atteint plus vite sa maturité pour la ponte.

Dès que les jeunes sont au sevrage on peut laisser revenir le mâle pour la fécondation de la deuxième ponte.

Si le mâle ne lui est pas présenté au moment voulu on peut craindre que les œufs ne seront pas bons.

Voilà les causes principales de la production des œufs non ou mal fécondés. D’autres causes inconnues cependant peuvent encore se trouver à la base de ces déboires.

Une autre question qui doit exiger toute notre attention et notre vigilance est l’incubation ou la couvaison des œufs.

Pour obtenir une éclosion simultanée des œufs, la plupart des éleveurs enlèvent l’œuf nouvellement pondu et remettent tous les œufs après 4 jours. Nous savons qu’après 6 jours d’incubation, il est possible de voir si l’œuf est fécondé ou non en le mirant vers la lumière. Si l’œuf est transparent, il n’a pas été fécondé. Dans l’autre cas, nous pouvons être tranquilles. Si la ponte n’est pas fécondée, nous pouvons enlever les œufs en veillant cependant à laisser à la femelle quelques jours de repos avant de lui donner un nouveau compagnon.

Embryon de Garrulaxe à joues blanches.
[© & El. Lionel Durochat]

Pour cela, chaque œuf ne donne pas encore de jeune. Il arrive, en effet, que le germe meure au cours de son développement. Ceci peut de nouveau provenir de diverses causes. L’une d’entre elles est à trop grande sécheresse, c’est-à-dire le manque presque total d’humidité de l’air. Par temps sec, il est à conseiller de placer un bassin d’eau dans la chambre d’élevage, l’évaporation de cette eau rendra l’air plus humide. On peut aussi asperger les œufs d’eau tiède. La femelle ayant pris un bain et regagnant toute mouillée son nid ne peut qu’exercer ainsi un effet favorable sur l’incubation.

Les jeunes meurent dans la coquille lors d’un trop long refroidissement des œufs. Ceci se produit quand la couveuse effrayée par un orage ou une action trop brutale quitte son nid. Le refroidissement des œufs est beaucoup plus dangereux au début de l’incubation qu’à la fin. Des œufs dont l’incubation est très avancée peuvent être abandonnés pendant plusieurs heures sans danger et éclore bien que parfois avec un jour ou deux de retard.

On a remarqué aussi que la vermine et les poux peuvent mettre la couveuse en fuite ce qui a parfois comme suite le refroidissement des œufs et la mort des jeunes.

Il faut donc veiller à ce que les cages et les accessoires soient toujours bien propres et peints à une couleur insecticide. Pour favoriser le développement normal des embryons, il est indispensable que l’air de la chambre soit riche en oxygène. Dès que la vie se manifeste dans l’œuf, le gaz carbonique s’échappe par les pores de la coquille et est remplacé par de l’oxygène.

Malgré toutes les précautions prises, il arrive hélas que les jeunes sortent difficilement de l’œuf.

Ils n’ont pas la force nécessaire et ne parviennent pas à briser la coquille. Parfois la couveuse les aide mais ce n’est pas toujours le cas. Nous pouvons les aider en tenant pendant quelques secondes l’œuf dans de l’eau tiède pour ramollir la coquille. Il y a des amateurs qui du bout de l’ongle enlèvent prudemment des morceaux de la coquille pour faciliter le travail des jeunes. J’ai déjà usé des deux procédés et dans certains cas, ils sont efficaces. Je dois cependant reconnaître que les jeunes qui ont tant de peine à venir au monde ne sont pas très solides, que leur croissance en souffre et qu’ils restent tellement faibles qu’il vaut mieux les écarter dès le début.

La qualité de la couvaison influe également sur le taux d’éclosion…
[© Sylvain Chartier]

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