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Soigner ses Canaris

Jean-Albert EUDE

Oiseaux du Monde n°335 – Mars 2016

L’ENVIRONNEMENT

La température et l’éclairement sont les deux éléments à surveiller pour donner à nos canaris un environnement d’habitat correct.

Les canaris s’adaptent parfaitement à des températures très basses à condition que ce soit de manière non brutale mais progressive, qu’ils puissent disposer d’un abri qui les protège des courants d’air et que leur alimentation soit plus riche en graisse.

Les canaris doivent être logés dans un endroit sans courant d’air mais très aéré et surtout sans humidité. Ce n’est pas le froid qui est source de problème mais toujours l’humidité qui engendrera les pires maux : problèmes respiratoires, développement de champignons et autres micro-organismes entraînant de graves maladies (salmonelloses, coccidioses…).
Si votre local est trop humide alors n’hésitez pas à investir dans un déshumidificateur. Une température de 8 à 10°C en période de repos et 14 à 18°C en période d’élevage m’ont toujours semblé profitables.

De même, ils supportent une grande chaleur à condition de disposer de bains en permanence qui leur permettent de ne pas se déshydrater et d’une eau de boisson pure sans germe. Il faudra donc changer l’eau le plus souvent possible pendant les fortes chaleurs sous peine de voir se développer toutes sortes de bactéries, sources de développement de troubles graves intestinaux.

 

Un Canari en pleine forme et prêt pour la reproduction doit bénéficier de soins poussés de la part de son éleveur.
[Agate rouge mosaïque © Sylvain Chartier – El. Elyas Fettis – Les Herbiers 2014]

L’éclairement agit de manière plus prononcée que la température sur le cycle de nos canaris. En effet la durée de l’éclairement (pas l’intensité) plonge nos canaris dans des phases de vie différentes.

Une augmentation du temps de jour appelle la reproduction.
Une diminution du temps de jour provoque l’arrêt de la ponte, puis la mue et le repos hivernal.
Lorsque la durée du jour se régularise tout au long de l’année ou que la différence de lumière entre les périodes s’amenuise ou n’est pas assez prononcée, le cycle de vie des canaris est très perturbé.
Des troubles hormonaux apparaissent engendrant mue partielle, perte de fécondité des mâles et femelles et surtout plus grave et souvent irrémédiable, des troubles d’assimilation alimentaire.
Cela peut paraître évident à chacun, mais je pense que nous citons ici un critère qui a tendance à se généraliser dans beaucoup d’élevage de canaris. En effet les périodes de repos, indispensables à nos canaris pour se régénérer, diminuent de plus en plus au fil des ans pour obtenir les meilleurs oiseaux de concours : dès l’automne les oiseaux sont sujets à une forte augmentation brutale de l’éclairage en concours, puis à un début d’élevage de plus en plus précoce pour avoir des jeunes les plus âgés possibles en vue de ces mêmes concours.

Soyez excessivement prudents avec la lumière artificielle.

En période de repos 8 heures de luminosité suffisent pour vos canaris. Cette période doit durer au moins 5 à 6 mois afin de permettre à nos canaris de l’année de devenir adultes et à nos reproducteurs de reconstituer leurs réserves métaboliques.

Ne débutez pas la reproduction avant d’avoir atteint 15 heures de lumière par jour après la période de repos (mi-mars au plus tôt).

Pour tous renseignements complémentaires, contacter :

EUDE Jean-Albert
Tél. : 06 71 60 85 27
Email : jean-albert.eude@wanadoo.fr
Twitter : https://twitter.com/jaeude/
Sites internet :
http://eude.canaris.monsite-orange.fr
http://eude.canaris2.monsite-orange.fr
http://eude.canaris3.monsite-orange.fr
http://eude.canaris4.monsite-orange.fr

La première règle à observer pour avoir des oiseaux en bonne santé est de ne pas bouleverser la nature, mais respecter le repos hivernal (5 à 6 mois), la période de reproduction (3 mois) et la mue.

L’ALIMENTATION

L’alimentation doit permettre au canari de réaliser l’ensemble des diverses fonctions pendant le repos hivernal, la période de reproduction et la mue. Chacune de ces fonctions demandent des apports alimentaires différents qui se traduisent pour l’éleveur, par un changement de substances à distribuer.

Comme pour tous les animaux, l’eau est un élément essentiel dans l’alimentation puisqu’elle représente environ 70% du poids d’un canari. L’eau doit être en permanence propre sinon elle sera le principal vecteur de transmission de maladies qui contamineront l’ensemble de l’élevage par la présence de fientes, secrétions nasales, respiratoires ou oculaires dans l’abreuvoir ou les baignoires où les oiseaux boiront.

Dès que la température ambiante augmente (juillet et août), la température de l’eau augmente également : celle-ci devient alors en moins de deux heures un véritable “bouillon de culture”. La seconde règle à observer est d’avoir en permanence une eau totalement propre, dépourvue de toute déjection. On pourra employer de l’eau minérale ou de source du commerce dans les abreuvoirs : elle s’oxyde moins vite que l’eau du robinet.

L’hygiène reste la clé de la réussite en matière d’élevage du Canari.
[© Pierre Channoy]

Le plus grand problème rencontré pour la conservation de la nourriture, est le développement de moisissures comme l’aspergillose qui apparait dans toutes les nourritures à partir du moment où le taux d’humidité est important.

L’aspergillose entraine la mort des canaris à long terme. Cependant l’éleveur sérieux peut se rendre vite compte de la présence de moisissures suite à l’odeur qui se dégage de la nourriture.

Je vous conseille pour le stockage de la pâtée ou des graines :

  1. Ne jamais enfermer la nourriture dans des récipients étanches et hermétiques
  2. Ne pas mettre les sacs directement sur le sol car le froid du sol permet à l’humidité de s’installer et aux moisissures de se développer
  3. Installer un déshumidificateur dans la pièce de stockage.
  4. Tamiser systématiquement toutes vos graines avant de les distribuer pour enlever poussière et d’éventuelles moisissures.

La nourriture doit également conserver toutes ses qualités nutritives : vitamines, sels minéraux et oligo-éléments.
Le facteur essentiel pour la durée de vie de ces éléments est en plus de l’humidité, la température. Pour un stockage à 21°C la durée de vie des vitamines est de trois mois environ. On passe à plus d’un an en faisant tomber la température à 8°C.

Période de repos

Cette étape est atteinte entre le sevrage et jusqu’à ce que l’oiseau commence à se
reproduire.
Les éléments nutritionnels pendant cette période sont plus faibles que ceux nécessaires pendant la croissance ou la production d’œuf.
Des niveaux aussi élevés de protéines, minéraux (calcium) que pendant la période de reproduction ou de croissance sont très dangereux. D’une manière générale, un bon mélange de graines doit contenir pour cette période environ :
13 % de protéine brute, 7 % de matière grasse, 7 % de cendres brutes et 7 % de cellulose brute.
Vous obtiendrez ces proportions avec le mélange type suivant : 70 % d’alpiste, 10 % de navette, 5 % de graines de lin, 5% d’avoine pelée, 5 % de niger, 2 % de chanvre et 3 % divers (périlla, millet jaune, panis rouge…).

Période de reproduction

D’une manière générale, un bon mélange de graines doit contenir pour cette période environ :
18 % de protéine brute, 14 % de matière grasse, 7 % de cendres brutes et 7 % de cellulose brute.
Vous obtiendrez ces proportions avec le mélange type suivant : 50 % d’alpiste, 15 % de navette, 20 % de niger, 7 % de graines de lin, 8 % d’avoine pelée. Les recherches ont montré qu’une nourriture avec 20% de protéine donne une croissance optimale aux oisillons.
Vous pouvez augmenter donc le taux de protéine distribué à 20 % en utilisant un mélange de graines germées constitué de 50 % de navette, 20% de niger, 5% de milo, 5% cardy, 20% de katjang idjoe.
Cependant, la distribution de graines germées demande une grande rigueur.

(à suivre)

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