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Reconnaissance du Canari “mogno”

Cyrille Jardinier
élève-juge CNJF

avec la collaboration de
Dominique Lamouroux juge CNJF
Oiseaux du Monde n°351 – Novembre 2017
La CNJF tient à remercier les éleveurs allemands Rainer Bindschädel et Fritz Heiler qui ont fourni aimablement des photos d’illustration de leurs oiseaux ainsi que de ceux de M Béraldi (Brésil), M Antonio Javier Sanz qui nous a fourni deux très belles photos prises à Matoshinos et issues de son livre Canarios de Color, mi mirada. La CNJF remercie le pool photo de l’UOF et plus particulièrement Sylvain Chartier qui « en urgence « est allé refaire des photos de noir opale.

Commission Nationale des Juges de France

 

Deux canaris noirs opales rouges mosaïques. Sujets de 2011, on distingue sur le premier, de type Mogno, que l’oxydation est nettement plus accentuée sur le dessus des rectrices que en-dessous. [© & El. F. Heiler]

Cette année 2017 l’OMJ reconnait officiellement une nouvelle mutation chez le canari couleur sous le terme de Mogno. Une nouvelle classe s’ouvre et accueillera dans nos prochains concours les noirs et bruns Mognos. En France ils seront dans le groupe D13.

Dans les années 2010 certains éleveurs italiens ont cultivé des canaris opales différents. Ces oiseaux qu’ils ont baptisé mutation ’’Quartzo’’ avaient la particularité de posséder un dessin de strie plus foncé comparé aux canaris Opales cultivés par la majorité des éleveurs européens. Mais aussi ils avaient l’oxydation du dessous de la plume plus accentuée que le dessus. Cette caractéristique du quartzo existait déjà chez nos amis brésiliens, qui possèdent et développent, par la sélection qu’ils en ont faite, un large panel de canaris noirs et bruns opales depuis une quinzaine d’années.

Brun opale jaune mosaïque mâle [© Guy Doumergue – El. A. Daniel]

La mutation opale n’interfère pas exclusivement sur la dilution de l’eumélanine mais aussi sur la répartition des pigments dans la structure même de la plume. Cependant pour obtenir l’effet opalescent les pigments eumélaniques noirs ou bruns doivent être plus concentrés sous la plume le long du rachis que sur le dessus de la plume.

Dans l’hémisphère sud, les canariculteurs brésiliens ont donc résolument pris un chemin différent mais parallèle dans la sélection de leurs Opales et auraient développé au fil des années un canari opale au dessin beaucoup plus marqué.

Brun mogno jaune mosaïque mâle. On voit très nettement la différence, le mogno correspond à une surmélanisation (en quantitatif et en qualitatif) [© & El. L. Béraldi ]

Toutefois il se dit qu’au Brésil, dans une nichée de canaris bruns opales, naquit un oiseau différent car plus contrasté que la fratrie et qu’il serait le père fondateur des canaris baptisés Mogno. Comme dit le proverbe, ’’rendons à César ce qui appartient à César’’, c’est-à-dire le travail développé par les éleveurs brésiliens.

Ceux-ci ont donc légitimement émis le souhait que soit reconnu leur ouvrage par l’intermédiaire de leur fédération, la FOB (Federaçao Ornitologica do Brasil) devant l’OMJ sous l’appellation Mogno, terme provenant de l’essence d’un arbre endémique à l’Amazonie.

Noir mogno rouge mosaïque. Exemplaire de 2015 ayant servi au mondial à la reconnaissance officielle du mogno. La tonalité des stries est très foncée, bien caractéristique. [© A. Sanz – El. R. Bindschädel]

Historique

Il y a plus de 30 ans, au cours de l’année 1985 j’ai acquis dans les Pyrénées chez mon ami Jean-Pierre Lartigue, mes premiers canaris en mutation Opale. Il s’agissait de canaris bruns opales argentés (aujourd’hui dénommé brun opale blanc). Ces oiseaux étaient dépourvus de dessin de strie. Ils étaient uniformément blanc mat et ressemblaient à des lipochromes. Il fallait souffler la plume pour apercevoir une sous-plume grise-brunâtre. À l’époque les bruns opales n’exprimaient pas les pigments eumélaniques au centre de la plume le long du rachis. Aucun dessin de strie n’était alors perceptible. Les pigments très peu concentrés laissaient percevoir un oiseau manquant de luminosité par rapport aux lipochromes blancs. La mélanisation s’exprimait d’avantage en début de plume, c’est-à-dire en sous-plume.

À force de sélection les éleveurs ont développé des oiseaux au dessin marqué. Je salue au passage Didier Biau qui fût surement, même antérieurement à l’année 1985, l’un des premiers pionniers à avoir pris un chemin différent et qui fît naître et a cultivé des bruns opales avec un dessin visible.

Il est à noter cependant qu’il est apparu à ce stade, deux types d’oiseaux ayant un dessin mélanique naissant.

  1. Un premier type où le dessin trop peu concentré en partie centrale, était constitué d’une pseudo strie induite par la phaéomélanine sur la périphérie de la plume et qui en se superposant par phénomène de tuilage formait une légère strie assez diffuse et non axiale.
  2. Un deuxième type correspondant à l’actuel mais avec un dessin très très fin, peu visible et tout aussi diffus mais composé d’eumélanine déposée en partie centrale (axiale).

Mais, qui aurait cru à l’époque que l’on aurait pu en arriver là, alors que nos oiseaux étaient exempts de dessin ?

C’est alors que nous nous sommes attelés à travailler nos opales avec du dessin tout en contrôlant la dilution de cette mutation. C’est-à-dire en produisant des oiseaux dilués, avec du dessin opalescent sans le sur-concentrer, car il était nécessaire de conserver la caractéristique incontournable d’avoir le dessous de la plume plus oxydée que le dessus. C’était un choix.

 

A contrario aujourd’hui tout va dans l’exagération, toujours plus large, toujours plus concentré, toujours plus oxydé avec une interstrie réduite mais toujours plus claire. Les différentes mutations venant à se ressembler et à donner des canaris avec une expression mélanique plus ou moins équivalente.

Nos amis Brésiliens, eux, comme je l’ai évoqué, ont donc travaillé ces oiseaux différemment. Ils ont sur-concentré la mélanine en sélectionnant leurs canaris opales les plus foncés. La caractéristique du dessous de la plume, plus oxydée et donc plus foncée, a disparu. Ce fut aussi un choix, le leur, certes différent. Les brésiliens travaillent avec une densité d’oiseaux énorme comparé à l’Europe, de ce fait ils possèdent un plus large cheptel et un vaste spectre de sélection. Le brésilien, feu Luiz Beraldi, regretté président de la COM dans l’hémisphère sud, désignait d’ailleurs ce type d’oiseaux ainsi, par le terme Opale. Cependant devant l’appellation Quartzo des éleveurs italiens, les brésiliens ont voulu à juste titre que soit reconnu leur travail avec le terme ‘’Mogno’’. Reconnu aujourd’hui par l’OMJ.

Et pour la caractéristique chez l’Opale du reflet dit bleuté, fallait-il le conserver ou le réformer ?

Chez les opales noirs et agates, il y a un reflet bleuté évident. Mais chez les bruns opales que fallait-il ? L’admettre, l’inscrire dans le standard ou le pénaliser ??? Et chez le Mogno alors ?

 

Certains bruns opales étaient sans reflets bleutés. Messieurs Biau et Bocara les possédaient ainsi. Toutefois nos amis italiens eux, avaient cultivé des opales avec un reflet bleuté évident, plus particulièrement chez les fonds rouges. Pour défendre cet aspect et afin que nos oiseaux soient compétitifs, la délégation française avait alors demandé que les bruns opales soient sans reflets bleutés.

Aujourd’hui pour différencier les Opales des Mognos la délégation française a demandé que les Opales soient avec reflet bleuté et que les Mognos en soient dépourvu.

Le changement par sélection de nos canaris couleurs ayant une structure de plume plus large et plus longue.

J’admets qu’il serait utopique, voir irraisonnable de croire que cette évolution de tonalité du dessin de strie plus sombre, puisse être réalisable sans cette révolution majeure que nous avons connu en France fin des années 90 via l’importation de canaris de souches italiennes. Cela a favorisé l’élargissement du dessin strié par le quantitatif et la concentration des pigments mélaniques en son centre (origine de la striation et par contraste de l’inter-strie). En d’autres termes, cela a permis d’obtenir des canaris avec des stries plus larges, plus longues et plus foncées.

 

Type de plume actuelle chez les canaris classiques oxydés

 

En effet cette évolution de structure de plume a permis d’obtenir des oiseaux avec un dessin de strie plus large, plus long et une pigmentation plus concentrée donnant une tonalité plus foncée et de larges stries continues. Mais aussi une plume pouvant être trop longue, desserrée où les barbules se désunissent donnant un plumage trop lâche et moins soyeux avec des kystes omniprésents si la sélection de l’éleveur ne tient pas compte de ce défaut de caractère.

 

Le Mogno, une évolution de la mutation Opale.

Pourquoi affirmerai-je que le Mogno n’est pas une mutation nouvelle distincte et allèle de l’Opale ? Parce-que je pense que ce type de canari ne correspond pas à une nouvelle mutation comme il aurait pu être présenté, mais qu’il est bel et bien une évolution de la mutation Opale, travaillée différemment.

Hérédité

Tout comme l’Opale, le Mogno a une hérédité récessive libre. Et si nous accouplons Mogno x Opale nous obtenons immédiatement en première génération des oiseaux intermédiaires entre le Mogno et l’Opale avec une opalescence nette et visible. Autrement dit des canaris Opales moitié type européen, moitié type brésilien. Et non pas des oiseaux non opale,
porteurs des gènes récessifs Opale + Mogno. Toutefois l’opalescence du canari de type Mogno est différente du canari de type Opale. L’on pourrait croire, ou nous faire croire pour appuyer la reconnaissance d’une mutation différente, que le Mogno est un allèle de l’Opale, tout comme l’Onyx. Mais alors il faudra le démontrer… car en effet si le Mogno est un allèle de l’Opale, les issus d’un accouplement entre ces deux mutations reste similaire : nous obtenons des oiseaux mi-opale mi-mogno qui correspondraient à des intermédiaires et le doute persisterait.

 

Cependant lorsque l’on croise et que l’on superpose deux mutations allèles comme par exemple les Opale-Onyx ou les Topaze-Inos, l’expression mélanique est bien différente des parents ce qu’on ne retrouve pas pour les ‘’Opale-Mognos’’. Nous y reviendrons dans un article prochain…

A fortiori, nous pouvons croire que prochainement nous allons nous retrouver devant nos tables de jugement, avec des canaris Opales différents. Mais ce problème existe déjà depuis 2012 au moins. En effet les éleveurs expérimentateurs ont croisé ces deux types d’oiseaux, donnant lieu, dans la classe Opale, à des dé-classifications en concours. Car non seulement nous nous retrouvons avec des Opales classiques de type européen mais aussi avec des Opales, euh pardon, des Mognos de type brésilien. Mais bien encore et fort malheureusement, car c’est là le grand danger, avec toute la gamme des intermédiaires et ce sont les oiseaux les plus nombreux.

 

Quatre noirs opales jaune mosaïques ou mognos montrant bien la gamme de tonalité. à gauche une noire opale « ancien type » d’il y a plus de 10 ans, la première mogno européenne primée au mondial de janvier 2012, à sa droite une femelle du même éleveur primée en stam lors du même mondial, on remarque la tonalité plus claire mais des effets mognos sont visibles. à droite un mâle français d’il y a quelques années dont la tonalité de la strie est gris-noir et le dessus de la queue bien foncé (donc non caractéristique de l’opale). [© Doumergue & Heiler – El. P. Merlin, F. Heiler, F. Heiler & M. Delattre]

La complexité est alors de déterminer où commence et où cesse l’expression de la mutation Opale au profit de la mutation dite Mogno et vice et versa.

 

De plus comme je l’exprimais précédemment dans cet article avec la politique du ‘’toujours plus, toujours plus’’ Il va falloir être vigilant à ce que le canari Mogno soit bien distinctif des autres mutations déjà reconnues et existantes. Je pense particulièrement à la mutation Eumo.

Pour ce faire, l’OMJ et donc ensuite la CNJF a entrepris de réviser le standard de l’Opale et rédiger celui du Mogno.

 

Retrouvez cet article et bien d’autres

dans la revue Les Oiseaux du Monde n°351 – Novembre 2017
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-‘’Domi, pourrais-tu développer ce sujet et me conseiller dans la perspective de cultiver des Brun Mognos et/ou des Bruns Opales ?’’

D.L. : “Oui, Cyrille, pour te décrire ces fameux bruns mogno, et te diriger sur leurs élevages, il faudra d’abord bien différencier les deux élevages.
Le facteur mogno réduit la phaéomélanine et modifie l’eumélanine brune. Une partie de l’eumélanine se dépose dans la partie inférieure du canal médullaire des rémiges et des rectrices ce qui donne pour le brun mogno une couleur générale et un dessin brun gris foncé sans reflet bleuté.

 

On trouvera le même dessin que chez les classiques mais avec une tonalité brun gris très foncé (c’est le dernier standard à jour au niveau de l’OMJ).

Pour le brun opale, il va falloir s’adapter et changer légèrement notre élevage. La CNJF a décidé de différencier ces deux bruns pour que l’éleveur se retrouve bien en phase avec son élevage, et que le juge soit le plus cohérent possible au moment d’expertiser ces deux oiseaux.

Il sera conseillé pour la prochaine saison d’élevage à partir de 2018, de présenter en concours des bruns opales avec des stries brunes grisâtres qui se détacheront sur un fond mélanisé.

Donc, pour résumer, le brun mogno est sans reflet bleuté, alors que le brun opale aura un léger reflet grisâtre.

Pour ma part, j’élève quelques noirs opales et quelques bruns opales et je pense qu’il ne faudra pas accoupler mogno x opale pour éviter “les intermédiaires”.

– “Les bruns opales sont tout de même différents ces dernières années. Je veux dire qu’au niveau de la tonalité, les bruns opales sont tout de même de plus en plus oxydés pour ne pas dire foncés. Est-ce l’introduction des Mognos ou un autre facteur ? Comme par exemple, le changement radical que nous avons connu avec la sélection d’une nouvelle structure de plume afin de produire des canaris noirs et bruns plus oxydés avec des stries larges qui en serait la ou les causes selon toi ?”

D.L. : “Je pense que les éleveurs sont partis naturellement sur des structures de plumes différentes qui leur a permis d’avoir des stries plus larges et d’obtenir une oxydation maximum en accouplant les oiseaux les plus oxydés ensemble je ne pense pas que le mogno y soit introduit.”

– “Les noirs et bruns mognos ayant une inter-strie claire et lumineuse ne risquent- ils pas de ressembler aux noirs et bruns eumos ?”

D.L. : “Il faudra garder une oxydation de la mélanine brune avec un fond voilé brun légèrement plus clair mais qui ne ressemble pas à l’inter-strie des noirs et bruns eumos qui est généralement mélanisé pour les noirs et beige-clair pour les bruns. Pour les noirs mogno il faut un dessin de couleur plomb très foncé et pour les bruns mogno il faut un fond brunâtre nettement plus clair. Pour répondre à la question je pense que si l’on respecte bien les accouplements et les standard il n’y aura pas de ressemblance entre les eumos, les opales et les eumos.”

Brun mogno jaune intensif

Brun eumo jaune intensif

Percevez-vous nettement une différence dans l’aspect visuel ? Une certitude, le mogno a l’œil noir et le brun eumo devrait avoir l’œil légèrement rougeâtre.
[© & El. L. Béraldi & T. Crebouw]

Merci pour ta réponse Domi. Je pense tout de même que le risque existe. La confusion pourrait-elle être aussi avec les noirs azul et bruns azul comme la confusion réelle qui existe déjà avec les Topaze et les azul non topaze ? La question reste posée et je vous demande, amis éleveurs, d’y songer. Car demain, les agates mognos viendront inexorablement s’immiscer dans les standards. Je pense qu’il va falloir tout de même apporter une attention particulière et distinctive à la couleur des yeux lors de nos concours. Car les mognos doivent avoir les yeux de couleur noire. Si tel n’est pas le cas, nous devrons déclasser les oiseaux aux yeux rougeâtres et inversement afin de ne pas tomber dans le même genre de confusion que celle qui existe actuellement entre les topazes, les
eumos et les non mutés (souvent avec le facteur azul ajouté).

Comment débuter l’élevage des Mognos ?

Brun mogno blanc. Exemplaire de 2015 ayant servi au mondial à la reconnaissance officielle du mogno. La tonalité des stries est très foncée, bien caractéristique. [© A. Sanz – El. R. Sanz]

Même si tout est envisageable, je ne conseillerai pas à un éleveur néophyte de se lancer dans l’élevage des mutations à yeux rouges (Ino=Phaéo, satiné, topaze, eumo) car elles sont plus délicates et moins productives en général. A contrario et toute proportion gardée, les canaris Opales et Mognos sont assez productifs et moins sources de déboires, même s’il reste difficile de faire naître un sujet idéal à l’image du standard. Bien que l’éleveur puisse débuter de différentes façons, je conseillerai de commencer :

  1. Soit avec un classique noir ou brun ayant le dessin avec un maximum d’oxydation. Une strie alignée et très large, voire trop large (la dilution de la mutation pourrait corriger l’excès). Ne pas débuter avec des sujets ayant un trou de dessin dans le dos ou des têtes pincées, ces caractères héréditaires se répercuteront très longtemps, trop longtemps dans les générations. Avec ce type d’oiseau conseillé, l’éleveur obtiendra des porteurs et travaillera sa souche pur x porteur au départ puis pur x pur. Car c’est ainsi que les grands éleveurs arrivent à avoir de bons résultats, en sélectionnant les issus des accouplements pur x pur !
  2. Ou bien prendre des sujets Opales et accoupler Opale x Mogno. L’éleveur obtiendra dès la première année des intermédiaires ‘’MognOpales’’. Il devra alors revenir avec ses intermédiaires vers le Mogno et ré-accoupler avec des Mognos pur ou porteur de Mogno pour travailler cette caractéristique qui est maintenant reconnue comme mutation. Surtout ne pas travailler les Opales et les Mognos collectivement dans une même souche, sans le risque de voir apparaitre tout un brassage d’intermédiaires.

    ” Surtout ne pas travailler les Opales et les Mognos collectivement dans une même souche…”

    Sélectionner alors préférentiellement les sujets ayant un dessin se rapprochant du dessin idéal du classique mais dont la tonalité se rapproche le plus du standard avec une opalescence toujours perceptible. Bien que cela ne soit pas encore écrit dans les standards, mais je pense qu’il va falloir le faire, la CNJF, force de proposition, pourrait même le proposer à l’OMJ. Portez une attention toute particulière aux sujets ‘’griffés’’ aux joues et déjà striés en poitrine. Bien que le standard ne soit pas encore défini comme tel, les juges ne sont pas indifférents à ces caractéristiques, gages d’un esthétisme de qualité. L’allemand Fritz Heiler, éleveur réputé et innovant dans le monde de la canariculture, qui avait déjà, lui aussi, réussi bien auparavant à modifier la structure de plume chez l’Opale pour obtenir des canaris noir opales jaunes mosaïque avec des stries alignées plus foncées et plus larges, possède et cultive déjà de forts beaux spécimens ayant un dessin de poitrine spectaculaire. C’est vers ce type d’oiseau qu’il faut je pense se tourner, tout en veillant à conserver une bonne tenue de plume, toujours soyeuse, gage de réussite.

 

Mais attention l’utilisation des canaris dits porteurs n’est pas la solution sine qua non. Car si l’utilisation des canaris classiques est le fondement du travail, il n’en est pas la solution. Les caractères héréditaires transmissibles du canari classique n’étant pas forcément les reflets de ces mêmes caractères chez le canari muté, comme par exemple ici l’Opale ou le Mogno. C’est pourquoi le travail et la sélection dans les accouplements des canaris dits purs x purs, ou en d’autres terme pour éviter la confusion mutés x mutés = opales x opales ou mogno x mogno, est je pense la clé d’une sélection pertinente.

Chers lecteurs et amis éleveurs. J’espère que cet article aura éclairci votre conception des canaris Opales et Mognos. Je souhaite aussi qu’il vous aide à vous diriger vers de bonnes directions d’élevage et de sélection.

Sur le même sujet : prochain article « Mogno et opale sont-ils les deux faces d’une même pièce » par Jean-Paul Glémet.

STANDARD CNJF DU NOIR MOGNO

Le mogno se caractérise par une légère réduction de la tonalité des mélanines du plumage et par une légère inversion de la disposition des eumélanines dans la plume. Par cette même action on peut avoir le dessus des rémiges et des rectrices qui est soit plus foncé que le dessous soit de tonalité équivalente au dessous. La mutation mogno n’affecte pas la tonalité du bec et des pattes qui reste comme chez le classique correspondant et n’affecte pas non plus la striation (largeur et disposition des stries similaires au classique). Les yeux restent noirs.

Le noir mogno aura un dessin strié de tonalité gris noir (RAL 7021) sur un fond gris plomb. Il ne devra pas y avoir de reflets bleutés, simplement une légère opalescence doit rester visible pour identifier l’action de la mutation mogno sur la répartition de l’eumélanine (légère inversion dans la plume). L’expression maximale de l’eumélanine modifie l’expression du pigment lipochromique : tonalité verdâtre pour les fonds jaunes, tonalité rouge sombre violacé pour les sujets à fond rouge. La mélanine occupe l’axe central des tectrices sur pratiquement toute la longueur de celles-ci donnant un dessin strié longitudinal, continu et ininterrompu depuis le haut du dos. Ces stries devront être bien alignées, bien visibles, les plus larges possible tout en contrastant avec l’interstrie.

Chez les intensifs, les stries sont un peu moins larges. Il ne doit pas y avoir de dépigmentation en bout de plume. Le dessin dorsal forme des rayures parallèles continues (dessin longitudinal). Ces rayures se retrouvent aussi très nettement sur les flancs et doivent être les plus larges possible et remonter vers la poitrine, tonalité en harmonie avec le dos. Les rémiges et les rectrices auront cette mélanisation maximale et leur couleur correspondra harmonieusement avec le gris noir des stries. Leur face inférieure ne devra pas être plus foncée que leur face supérieure. La phaéomélanine sera totalement absente du plumage. Le dessin strié doit être bien contrasté. Les bordures des rémiges et des rectrices doivent être claires et bien visibles.

La tête (y compris la nuque) doit apparaître bien sombre à partir du bec.

Chez les intensifs la tête sera sombre sans strie (la présence de stries atténuées sur la tête des intensifs n’est pas pénalisée).

Le dessus de la tête et la nuque seront nettement striés chez les schimmels et les mosaïques.

Le bec, les pattes et les ongles seront unicolores et noir très foncé.

Chez le noir mogno, il conviendra de privilégier et valoriser l’alignement et la continuité parfaite du dessin strié.

STANDARD CNJF DU BRUN MOGNO

Le mogno se caractérise par une légère réduction de la tonalité des mélanines du plumage et par une légère inversion de la disposition des eumélanines dans la plume. Par cette même action on peut avoir le dessus des rémiges et des rectrices qui est soit plus foncé que le dessous soit de tonalité équivalente au dessous. La mutation mogno n’affecte pas la striation (largeur et disposition des stries similaires au classique). Les yeux restent
noirs.

La mélanisation devra être « maximale », ce qui donne des stries eumélaniques brunes grisâtres très foncées se détachant sur un fond brunâtre nettement plus clair. Une légère opalescence doit rester visible. La mélanine occupe l’axe central des tectrices sur pratiquement toute la longueur de celles-ci donnant un dessin strié longitudinal, continu et ininterrompu depuis le haut du dos. Ces stries devront être bien alignées, bien visibles, les plus larges possible tout en contrastant avec l’interstrie.

Chez les intensifs, les stries sont un peu moins larges. Il ne doit pas y avoir de dépigmentation en bout de plume. Le dessin dorsal forme des rayures parallèles continues (dessin longitudinal). Ces rayures se retrouvent aussi très nettement sur les flancs et doivent être les plus larges possible et remonter vers la poitrine, tonalité en harmonie avec le dos. Les rémiges et les rectrices auront cette mélanisation maximale et leur couleur correspondra harmonieusement avec le brun grisâtre foncé des stries. Leur face inférieure ne devra pas être plus foncée que leur face supérieure. Le dessin strié doit être bien contrasté.

Les bordures des rémiges et des rectrices doivent être claires et bien visibles.

La tête (y compris la nuque) doit apparaître bien sombre à partir du bec.

Chez les intensifs la tête sera sombre sans strie (la présence de stries atténuées sur la tête des intensifs n’est pas pénalisée). Le dessus de la tête et la nuque seront nettement striés chez les schimmels et les mosaïques. Le bec, les pattes et les ongles seront unicolores de couleur légèrement brunâtre.

Chez le brun mogno, il conviendra de privilégier et valoriser l’alignement et la continuité parfaite du dessin strié.

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