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Mon élevage de colombes

Florence FOURDRAIN

Oiseaux du Monde n°356 – Avril 2018
J’ai commencé à acquérir des colombes à partir de 2005, étant éleveuse de becs crochus depuis 1995. Les premières arrivées à la maison furent les Colombes à bec jaune, suivi par des Géopélies diamants.

La Colombe à bec jaune (Columbina cruziana)

Aussi appelée Colombe à bandeau grenat ou Colombe du Pérou, elle est originaire comme son nom l’indique du Pérou mais également du nord du Chili, de l’ouest des Andes, du nord de l’équateur.

À l’âge adulte il est facile de différencier le mâle de la femelle : le mâle a la tête grise ardoise et la poitrine violine. La femelle est entièrement marron toutefois elle peut avoir également la tête un peu grise mais moins foncée que le mâle, le ventre plus clair, voire
beige. Les jeunes sont comme les femelles, entièrement marron et peuvent être confondus avec elles. Leur chant est très caractéristique, il ressemble au coassement d’un crapaud.

La Colombe à bec jaune (Columbina cruziana) est aussi appelée Colombe à bandeau grenat ou Colombe du Pérou. [© Florence Fourdrain]

Elles consomment du mélange pour petites perruches, raffolent de la pâtée en période d’élevage mais n’y touchent presque plus ensuite.

Mon premier couple fut logé dans une volière de 8m x 4m x 2m avec mes becs crochus « retraités » ou veufs (non agressifs).

Ce couple fit dix jeunes la 1ère année, soit deux jeunes par mois de mai à septembre. Même en retirant les nids, ils trouvaient le moyen de couver dans les buissons et je découvrais donc les jeunes à la sortie du nid.

J’acquis un 2ème couple qui se montra tout aussi productif, qui lui fut logé seul dans une volière de 4m x 1m x 2m. Pendant 7-8 ans, aucun problème. L’hiver je les rentrais dans ma pièce d’hivernage, non chauffée, les couples étaient séparés et se retrouvaient en mars-avril suivant la météo.

En 2014, les mâles se sont mis à tuer leurs femelles. Je conserve toujours quelques femelles supplémentaires au cas où… Même elles, ne survécurent pas ! Je décidais donc de retirer ces mâles de la reproduction, pris de jeunes mâles de l’année précédente et
partis à la recherche de nouvelles femelles.

Il m’a fallu deux ans pour reformer trois couples et en 2016, dix-sept jeunes sont nés. En 2008, un forum spécialisé dans les colombes s’étant ouvert, je découvris beaucoup d’autres espèces. Mon choix se porta sur les Turverts à cause de leur couleur, étant
habituée aux becs crochus et à leurs couleurs chatoyantes.

La Colombine Turvert (Chalcophaps indica)

Colombine turvert [© Florence Fourdrain]

Aussi appelée Colombe du Pacifique, elle vient du sud de l’Inde et de la Chine jusqu’au Timor, ainsi que les îles des Philippines, de Malaisie et d’Indonésie. C’est une colombe assez calme, pas trop agressive qui arrive à cohabiter avec d’autres espèces si la volière est de taille adéquate.

Le dimorphisme sexuel est bien marqué, le mâle ayant le blanc du front bien prononcé ainsi que des plumes blanches aux épaules, la queue noire. La femelle est plus terne, la queue est marron.

Elles consomment du mélange pour colombes exotiques, du mélange pour petites perruches, de la pâtée ; elles aiment le mouron blanc et quelques petits vers de farine ou pinkies ne sont pas dédaignés lors de l’élevage des jeunes.

À ce jour, j’ai toujours deux ou trois couples de Turverts, avec plus ou moins de réussite, cela va de un à six jeunes par couple. Dès la sortie du nid, il est facile de reconnaître les mâles des femelles avec la couleur de la queue.

Elles sont logées dans des volières au minimum de 4m x 2m x 2m. Elles cohabitent avec des Géopélies diamants, des Lumachelles, des Perruches de Bourke. Des oiseaux de taille inférieure ou supérieure mais pas de taille égale.

Les Colombines turvert sont très appréciées pour leur plumage coloré. [© Florence Fourdrain]

Ce sont des oiseaux assez résistants, elles passent l’hiver à l’extérieur avec un abri bien entendu. Chez moi, elles préfèrent les nids rectangulaires plutôt que les corbeilles où elles accumulent les matériaux. De ce fait, il faut de temps en temps en retirer, pour éviter que les œufs ou les jeunes ne tombent du nid, ce qui est commun à beaucoup d’espèces de colombes.

En 2009, un couple de jeunes Lumachelles arriva.

Bien qu’ayant plusieurs volières, le problème de place commença à se poser. Becs crochus + colombes = incompatibilité. La douloureuse décision fut donc prise : arrêt de l’élevage des becs crochus pour ne faire que de la colombe, car plusieurs autres espèces m’attiraient. En 2010, arrivée d’un 2ème couple de Lumachelles.

La Colombine lumachelle (Phaps chalcoptera)

Colombine lumachelle [© Florence Fourdrain]

C’est aussi un oiseau très intéressant pour les débutants. Elle vient d’Australie. Elle est très calme et supporte très bien la cohabitation. C’est une terrestre, ce qui permet également de peupler sa volière au sol. Autre point non négligeable, il y a un dimorphisme sexuel, le mâle a le front couleur chamois, la poitrine est violine, la femelle est plus terne avec la poitrine grise.

Un rayon de soleil et les couleurs des ailes explosent, allant du violet, au mordoré, au vert… Magnifique !

Elles sont logées également dans des volières au minimum de 4m x 2m x 2m. Mélanges pour colombes / exotiques / petites perruches. Elles apprécient aussi la pâtée, les vers
de farine en période d’élevage, le mouron blanc.

Peu fragiles, elles passent l’hiver à l’extérieur avec abri. Comme ce sont des terrestres, je les vermifuge une fois de plus par an que mes autres colombes.

Il m’a fallu deux ans pour avoir des résultats :

  • 2010 : 1 jeune,
  • 2011 : 0,
  • 2012 : 3 jeunes
  • et depuis 2013 j’ai en moyenne 10 jeunes par an.

Grâce à leur calme, les Colombines lumachelle sont recommandées aux débutants. [© Florence Fourdrain]

La même année, des Tambourette et des Placides viennent agrandir la famille.

La Tourtelette tambourette (Tutur tympanistria)

Tourtelette tambourette [© Florence Fourdrain]

Elle doit son nom à son chant qui ressemble à un roulement de tambour. Elle vient d’Afrique. Le dimorphisme sexuel est évident, le mâle a le dessus du corps et les ailes brun foncé, des tâches alaires bleu/vert, le dessous du corps blanc. La femelle est plus terne et le dessous du corps est gris à beige.

La Tourtelette Tambourette
doit son nom à son Chant caractéristique. [© Florence Fourdrain]

Elles consomment des mélanges pour colombes / exotiques / petites perruches, ne touchent pas à la pâtée ni aucune verdure, ni nourriture vivante.

Ayant deux couples, l’un fut logé seul (4m x 1m x 2m) et l’autre fut mis en cohabitation avec des espèces plus imposantes (8m x 4m x 2m). Des jeunes sont nés mais n’ont pas survécu : habitant en Normandie, même en été, les nuits peuvent être fraîches et la rosée du matin a raison des jeunes à peine plumés qui sortent du nid.

 

Oeufs de Tourterelle tambourette [© Florence Fourdrain]

 

 

Au bout de dix jours les parents couvent moins les jeunes. Pendant cinq ans je n’ai réussi à n’avoir qu’un seul jeune par an de sevré.

En 2016, j’ai réussi à avoir six jeunes sevrés avec deux couples alors qu’une quinzaine sont nés. Ce sont des oiseaux qui ont besoin de chaleur surtout à la sortie du nid. Tous les soirs, je les remettais dans leur nid pour éviter qu’ils passent la nuit au sol. Une fois qu’ils se perchent avec les parents, la partie est quasiment gagnée. Je les rentre aussi l’hiver dans la pièce d’hivernage.

 

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La Géopélie placide, ou Colombe tranquille (Geopelia placida)

Elle ressemble beaucoup à la Géopélie zébrée, elles sont souvent confondues ce qui pose le problème d’hybridation. La Placide a le plastron strié sans interruption et le cercle orbital bleu. Elle nous vient d’Australie et de Nouvelle Guinée. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel.

Malgré son nom de « Placide » ou « Tranquille », c’est un oiseau assez agressif envers ses congénères de même taille. Avec des espèces plus grandes, cela se passe relativement bien.

Elle se nourrit de petites graines rondes, comme le mélange pour petites perruches, un peu de pâtée, et de verdure.

Elles sont assez faciles à reproduire et peuvent faire 4 à 5 couvées voire plus si on ne les limite pas. Elles sont logées par couple ou en grande volières communautaire avec des
Colombines lumachelles, des Colombines turverts ou des Colombines Wongas.

Leur chant est assez puissant pour un oiseau de si petite taille. Le sexage ADN est recommandé. L’hiver elles sont rentrées à l’abri du gel car ce sont des oiseaux gélifs.

En 2015 s’ajoutent des Colombines longups, des Colombines Wongas et des Gallicolombes tristigmates.

Les Colombines longups (Geophaps lophotes) ou Lophotes

Elles viennent d’Australie. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel. L’oiseau présente une huppe sur la tête comme les calopsittes. La tête et le cou sont bleutés, la poitrine rosée, elle a de magnifiques tâches alaires qui chatoient au soleil, vert, bleu, violet. Quand le mâle fait la cour, il se gonfle et déploie ses ailes en montrant ses tâches alaires.

Elles ont le mélange pour colombes exotiques et de la pâtée.

Ces oiseaux ont une réputation de bagarreurs. De ce fait, je n’ai jamais tenté la reproduction en communauté.

En début de saison je les ai mises dans des volières de 4m x 1m x 2m. J’ai obtenu des pontes, mais uniquement d’œufs clairs ou des abandons de nid. Un couple fut mis fin août en volière de 4m x 2m x 2m avec plus de végétation. La femelle fit son nid dans un chèvrefeuille et deux jeunes sont nés en septembre. Ce sont des oiseaux résistants qui passent l’hiver à l’extérieur.

La Colombine Wonga (Leucosarcia melanoleuca)

Elle vient du Sud-Est de l’Australie, elle est assez grande, comme un gros pigeon. J’ai été attirée par la beauté de son plumage, son manteau noir et ses taches noires sur fond blanc en dessous. Le devant forme un V. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel net mais l’on peut remarquer que le front du mâle est plus blanc et plus étendu que celui de la femelle, et que le dessous de la queue chez la femelle semble plus jaunâtre.

Elles ont un chant très lancinant et qui peut s’entendre très loin mais avec un seul couple, cela reste très supportable et donne l’impression d’être dans la jungle. Elles sont plus calmes dans une moyenne volière que dans une grande où elles ont tendance à se claquer
dans le grillage et se scalper le front.

En 2015, après plusieurs pontes claires, deux jeunes sont nés en juin et ensuite uniquement des pontes claires. En 2016, même scénario, pontes claires, deux jeunes en juillet et pontes claires.C’est une espèce qui n’est absolument pas agressive avec les autres espèces, elles peuvent être mises en communauté. C’est un oiseau rustique qui passe l’hiver dehors avec abri, et consomme le traditionnel mélange pour colombes exotiques additionné de pâtée.

La Gallicolombe tristigmate ou Colombe Célèbes (Gallicolumba tristgmata bimaculata)

C’est une terrestre. Elle vit sur l’île de Sulawesi anciennement appelée Célèbes en  Indonésie.

Pas de dimorphisme sexuel. Son front et sa poitrine sont jaunes, une tache pourpre sur le cou, les ailes et le dos sont marron avec des reflets verts, le ventre blanc, C’est une colombe haute sur pattes. Sa particularité est de ne pondre qu’un œuf par couvée, d’où la difficulté de l’élevage.

Il lui faut une volière assez spacieuse avec des endroits où se cacher car le mâle peut se montrer agressif envers la femelle.

Le mélange pour colombes exotiques lui convient avec de la pâtée. Elle peut vivre en communauté avec des espèces arboricoles.

Malheureusement pour le moment pas de jeune, plusieurs pontes à même le sol, un jeune est tout de même né en 2016, mais je l’ai retrouvé mort, le jabot plein, après deux jours dans le nid. Sa tête semblait avoir reçu des coups… Attaque du mâle ?

Ce sont des oiseaux gélifs, aussi à partir de -3°C, ils sont rentrés en pièce d’hivernage.

 

L’élevage de Florence Fourdrain s’est progressivement étendu aux Géopélies placide,
Colombines longup ,Gallicolombes tristigmate et Colombines wonga.

Pour résumer, les soins que j’apporte à mes colombes sont :

  • Quarantaine lors de l’arrivage de nouveaux spécimens : isolement, vermifuge, vitamines, désinfection ou destruction du cageot/carton de transport ;
  • Vermifuge deux fois par an : mars et octobre (+ une fois supplémentaire pour les terrestres) ;
  • Pâtée : distribution tous les deux jours ou tous les jours pendant la période de reproduction, une à deux fois la semaine pendant l’hiver ;
  • Os de seiche broyé et mis dans la pâtée + vitamines de temps en temps ;
  • Distribution d’herbes sauvages, mouron blanc l’été ;
  • L’eau est renouvelée tous les jours ;
  • Nettoyage hebdomadaire des volières ;
  • L’hiver, la partie du sol naturel des volières est entièrement changée par grattage et remplacée par du sable propre.

 

Mon élevage devrait continuer à s’agrandir pour 2017, avec des Colombes à queue noire aussi appelées Passerine (Columbina passerina) et des Colombes bleutées (Claravis pretiosa).

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