«

»

Imprimer ce Article

Loris et Loriquets

Les Loris sont toujours très appréciés pour leur côté facétieux.
[Lori arc-en-ciel (Trichoglossus haematodus) © Pierre Channoy]

Claude HÉRON

Oiseaux du Monde n°347 – Mai 2017

Rien n’est plus passionnant que d’élever des loris, ils sont comme une palette de couleurs vives : en plus elle bouge beaucoup. D’un caractère entier, ils ne cessent de manifester leur joie de vivre : J’en possède maintenant une bonne quinzaine et ils me donnent beaucoup de satisfaction, attentifs à tout ce qui se passe ; ils viennent me saluer de leurs cris aigus lorsque je passe devant les volières ils sont intéressés par les gestes et manipulations se déroulant au salon de jardin, sur la pelouse, juste devant eux. Il faut ajouter qu’à chaque repas pris au jardin, au dessert, nous ne manquons pas d’accrocher au grillage un morceau de fruit, et ils le savent très bien.
Je vous parlerai maintenant de leur chant ou plutôt de leurs cris. J’ai remarqué que les loris (dos blanc, calotte noire et Moluques) imitent à la perfection les oiseaux indigènes : merle, grive, rouge-gorge, et le plus passionnant, ils s’imitent de l’un à l’autre si bien que je ne distingue plus lequel. Quant aux loriquets (nuques vertes, massena, stella, poitrine jaune), ils ont leurs propres cris et ils ne s’en séparent pas. C’est sans doute un comportement qui distingue les loris des loriquets.

Le sexage

Il est très difficile à part certaines espèces où le mâle a des couleurs différentes de la femelle (la famille des charmosyna). Chez les loris à queue courte, genres Domicella, Charcopsitta, Eos, sans pour autant que cela soit une règle absolue, j’ai remarqué à plusieurs reprises que la femelle adulte a la queue en forme de trapèze ; chez
le mâte adulte, elle est droite.

Les volières

Elles sont du type grandes perruches avec quelques modifications si l’on ne désire pas avoir des projections de fientes sur les murs de l’abri et dans les mangeoires. Il faut accrocher les
mangeoires au même niveau que le perchoir, ce dernier est au milieu de la longueur de l’abri et à la moitié de la hauteur de celui-ci car plus le perchoir est haut, plus les fientes sont projetées loin ; par contre, le nichoir est placé contre le plafond pour forcer les oiseaux à dormir dedans et non dessus. Les nichoirs pour loris sont plus longs pour recevoir une grande quantité de tourbe afin d’éponger les fientes liquides, certaines espèces acceptent bien les bûches naturelles.
Pour les loris de taille moyenne (nuque verte), une bûche type grande perruche est suffisante. Attention aux oiseaux agressifs envers leurs voisins de volière, ne pas mettre deux couples de même espèce l’un à côté de l’autre.

Lori des dames (Lorius Domicella)
[© Philippe Rocher – El. Marc Marin – Castres 2012]

Comportement en hiver

Les loris sont des oiseaux robustes et peuvent passer l’hiver dehors si l’on respecte une nourriture plus riche en protéines et en vitamine C. J’ai observé pendant les deux hivers froids que nous avons dû subir, que les oiseaux frugivores avaient tendance à devenir léthargiques; en donnant en supplément une demi-orange chaque jour par couple d’oiseaux, ils sont plus vifs et sont en meilleure santé (c’est peut-être un reste de leurs ancêtres reptiliens). J’allonge la lumière dans les abris de deux heures.

L’hiver, pour permettre aux loris de se nourrir plus longtemps, lorsque la pâtée gèle, je donne beaucoup de fruits secs (figue, raisins). La pâtée est distribuée le matin et le soir aux grands froids. Le soir, les oiseaux sont enfermés dans les abris et ils dorment tous dans les nichoirs que j’ai garnis de paille au début de l’hiver.

Nourriture

Chaque éleveur fait sa petite cuisine, tous les matins, avec quelques variantes, mais la base reste la même. J’ai fait une synthèse de toutes les informations que j’ai recueillies.

Complément sur le nectar

La plupart des propriétaires et des éleveurs de loris ont constaté que les oiseaux sont plus sains, plus heureux et vivent plus longtemps lorsqu’ils ont du nectar dans leur alimentation. Il existe plusieurs produits commer­ciaux sur le marché spécialement conçus pour les loris.[ … ] Ces produits sont disponibles à la fois sous forme de poudre destinée à être offerte sèche et sous forme d’un mélange qui, avec de l’eau ajoutée, constituera un nectar.

La poudre et le nectar sont nutrition­nellement égaux mais les ingrédients dans les mélanges de nectar sont tous hydrosolubles.

Ces deux systèmes existent depuis un certain temps et ont été largement été testés sur des groupes de loris depuis plusieurs générations. Si un nectar ou une poudre commerciale est utilisé dans l’alimentation de votre lori, il n’est pas nécessaire d’ajouter des suppléments vitaminiques ou minéraux.

Margrethe Warden Source

Pour 16 loris : 250 g. de Blédine – 1 litre de lait – 1 demi-litre d’eau – 1 verre de chapelure de pain – 1 cuillère à soupe de pollen – 1 demi-verre de sucre – 20 gouttes de floramus (à la reproduction et à la mue) – 1 demi­e pomme par oiseau -1 demie poire par oiseau – verdure à volonté.

Variante

Lait en poudre ou lait frais – riz ou semoule cuite à la place de la Blédine – biscuit trempé dans du lait sucré – granulés pour chien trempés dans du lait sucré – farine de soja cuite dans du lait – farine de gruau cuite dans du lait – remplacer le lait par un potage de légumes faire une com­pote de fruits – confiture ou gelée à la place du sucre – miel à petites doses.

Enfin la pâtée doit être riche et variée, d’une consistance semi-liquide bien entendu, ayez de l’eau propre en per­manence pour que ces jolis oiseaux se lavent le bec et le plumage.

J’ouvre une parenthèse sur un produit utilisé par cer­tains éleveurs (Rénutril) qui a la propriété d’être très riche en protéines ; je l’ai moi-même utilisé pendant ces deux hivers froids. Mais attention à ne pas dépasser 20 à 25 % de protéines, sinon gare aux crises de foie.

Lori coquet (Charmosyna placentis)
[© Philippe Rocher – El. Jean Claude Leroux – Colmar 2008]

Élevage

Certes, il n’est pas facile, mais avec un peu de patience cela arrive de temps à autre. La couvaison est de 25 à 30 jours suivant les espèces. Les jeunes sortent du nid après deux mois et demi environ. Le baguage se situe entre 10 et 15 jours.

À propos des dimensions des bagues loris, en voici quelques-unes : après avoir pris les mesures au pied à cou­lisse en laissant un petit espace pour que les bagues tournent (mesures prises bien sûr aux pattes des parents) : Loris des Moluques 8 mm – dos blanc, strié bleu, massena, nuque verte : 6,5 mm – stella noir et rouge 5,5 mm.

 

PSITTACOM

Président : M. Jany LECOMTE
Tél. : 06 16 44 08 65
Email : janylecomte@orange.fr
Site internet

Laisser un commentaire