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L’inséparable masqué dévoilé

Agapornis personatus (1ère partie)

H.W.J. van der LINDEN

Oiseaux du Monde n°338 – Juin-Juillet 2016

Groupe d’Inséparables masqué sauvage en dehors de la période de nidification.
[© Harald van der Winden – 123rf.com]

Cette espèce d’Agapornis, très populaire, a été découverte en 1877 par le Dr. G. A. Fischer et décrite en 1887 par Reichenow. En 1925, les premiers exemplaires partaient vers les USA. Deux ans plus tard, ils étaient importés en Europe pour la première fois. Le premier élevage connu dans le monde date de 1926 et porte le nom de K. V. Painter, Cleveland, USA. En 1928, Rambausek en Allemagne, remportait un succès suivi de Stäger en Suisse. Au cours de cette même année, des résultats d’élevage étaient signalés en Angleterre et en Australie. Il n’y a pas de sous-espèces.

Habitat

Le nord de la Tanzanie, du lac Manyara en direction du sud jusqu’a la région montagneuse d’Iringa. Dispersées par l’homme autour de Dar Es Salam et Tanga, Nairobi et Mombasa et selon des informations de Fry, Keith et Urban (1988), des formes bâtardes de l’Agapornis fischeri ont été aperçues dans ces régions.

Description de l’espèce Agapornis personatus

Format 14,5 cm.

Mâle et femelle :

La tête, les joues et le menton sont noir profond sur l’arrière de la tête se transformant en brun olive terne. Tout autour du cou, de l’avant jusqu’en haut de la poitrine, court un col jaune profond. Chez de nombreux oiseaux, nous voyons souvent à l’intersection des couleurs de l’arrière de la tête – cou et bavette – poitrine, une zone étroite de transition. (Dans le standard des couleurs des Agapornis de différentes associations ornithologiques, cette zone de transition orange n’est pas autorisée).

L’Agapornis personatus compte parmi les Inséparables les plus populaires en élevage.
[© Sylvain Chartier – El. Jean-Pierre Olliger – Gravelines 2013]

La couleur générale du corps est verte; la couverture et le manteau sont vert gazon foncé. Le plumage de la couverture donne l’impression d’être martelé. Dans la courbe de l’aile se trouve une fine rangée de plumes jaunes. La partie inférieure de la poitrine, le ventre, les flancs et la région anale sont vert jaunâtre. Les grandes rémiges sont gris foncé, teintées à
l’extérieur; sous l’aile, les plumes de couverture sont bleu grisâtre et vertes.

Le croupion montre du mauve sur un fond de couleur verte. Les plumes supérieures de couverture de la queue sont mauves sur fond vert ; les caudales inférieures sont vert jaunâtre. Les rectrices presque totalement recouvertes par les sus et sous-caudales sont vertes ; sur les rectrices secondaires se trouve à partir de la base un dessin transversal orange jaune – noir ; les pointes de la queue sont vert pâle. Le bec est rouge avec à sa base une petite bande blanche. Les yeux sont brun foncé, entourés d’un cercle blanc de peau. Les pattes sont grises ; les ongles gris foncés.

Biotope

L’Agapornis personatus est un habitant d’herbages où poussent parcimonieusement des acacias, des baobabs et des fourrés. La nourriture consiste surtout en graines d’herbes et baies de sorte qu’ils passent une grande partie de la journée sur le sol. Leur habitat présente beaucoup de ressemblance avec celui de l’Agapornis fischeri. L’époque de la couvaison tombe entre mars et août. Ils couvent généralement dans des cavités de baobabs. On trouve également des couvées dans des vieux nids d’hirondelles et dans les endroits défrichés, dans des cavités de constructions. La construction du nid est tout à fait analogue à celle du fischeri.

Importance de la ponte : 4 – 6 œufs.

Après la couvaison, les personata forment de grands groupes qui tourbillonnent ensemble.

Logement et soins

Très proche de l’Inséparable de Fischer, il faut éviter de le mettre en volière de reproduction communautaire avec ce premier.
[© Sylvain Chartier – El. Laurent Brun – Noyelles-sous-Lens 2006]

Bien que dans certains domaines, les personatus soient un peu moins robustes que les fischeri, à condition qu’ils puissent disposer d’un abri de nuit à l’abri du gel, ils peuvent passer toute l’année à l’extérieur. Heureusement, nous pouvons disposer d’oiseaux élevés en captivité, supportant notre climat. Les importations du milieu sauvage ne sont d’ailleurs plus autorisées depuis le 15 décembre 1997.

L’infériorité de cette espèce par rapport au fischeri existe surtout sur le plan psychique. Les personatus et en particulier les formes issues de mutations sont surtout sensibles au stress. Des tensions provoquées par une manipulation maladroite ont provoqué la mort de plus d’un personatus. Si nous devons attraper ces oiseaux, nous devons éviter de les poursuivre inutilement. En outre, nous devons éviter de les tenir en main plus que le temps strictement nécessaire. Une propriété favorable du personatus est qu’il est généralement remarquablement moins agressif que le fischeri. Bien qu’il faille toujours héberger les Agapornis par couples, on peut garder ensemble plusieurs couples de personatus dans une volière spacieuse à condition que l’on mette à leur disposition suffisamment de nichoirs au moins deux par couple d’élevage. Il est préférable de détenir les couples de personatus dans des cages d’élevage ou dans des petites volières. En ce qui concerne l’alimentation, je renvoie au chapitre consacré à ce sujet.

Élevage

Des branches de saule non traitées seront données au couple pour la construction du nid.
[© Pierre Channoy]

Comme matériau de construction du nid, les personatus donnent la préférence à l’écorce de branches de saule, mais les fins rameaux eux-mêmes ainsi que les feuilles sont également utilisés pour le nid. Le matériau de construction du nid est apporté avec le bec par la femelle. La construction du nid commence par la construction du fond. Ensuite le devant est construit, puis le plafond et la partie arrière. Enfin, le creux du nid est garni de petits fragments d’écorces déchiquetées. Nous remarquons ce comportement chez tous les Agapornis du groupe à “cercle oculaire blanc”.

Les œufs sont pondus tous les deux jours ; de 3 à 6 œufs, habituellement 5 à 6. Généralement, la couvaison débute après la ponte du deuxième œuf. La femelle est seule à couver et ne quitte le nid que sporadiquement ; durée de couvaison: 22 jours.

Le mâle nourrit la femelle au nid. La nuit il lui tient compagnie, en journée rarement.

Lorsque les jeunes éclosent, ils sont recouverts d’un duvet rouge orange qui devient gris foncé au fur et à mesure de leur croissance.

À l’âge de 9 jours environ, les jeunes peuvent être bagués; mesure de la bague 4.5 mm. Le dixième jour, les jeunes ouvrent les yeux. Quelques jours plus tard, le premier duvet est aussi devenu gris foncé.

Environ un mois après l’éclosion, les jeunes ont toutes leurs plumes. Après l’envol – en moyenne après 40 jours – les jeunes reçoivent encore leur nourriture pendant 14 jours.

Dès qu’ils sont devenus indépendants, nous devons les séparer des parents. Les adultes peuvent ainsi commencer une nouvelle ponte en toute tranquillité. Les jeunes personatus ressemblent à leurs parents mais sont de couleur plus terne. La couleur de la tête est noir brunâtre. Sur la partie supérieure du bec, on aperçoit une tâche noire.

La mue des jeunes débute à un âge d’environ 3 mois et peut être observée durant un à quatre mois.

Parfaitement grégaires, les Inséparables masqué adorent vivre en communauté au risque d’avoir des ongles en moins… En effet bien qu’un peu plus calmes que leurs cousins, ces inséparables restent particulièrement actifs et querelleurs.
L’éleveur compétiteur aura tout intérêt à garder ses oiseaux individuellement avant les concours afin de s’épargner de mauvaises surprises.
[© Pierre Channoy]

Pendant cette période, les oiseaux sont plus sensibles à toutes sortes d’affections.

Le mieux est alors d’héberger les jeunes oiseaux dans une volière intérieure.

Mutations

La plus connue des formes de mutations de cette espèce d’Agapornis est indubitablement la forme bleue (bleu ciel). Cette forme qui date déjà de 1927 a été produite en pleine nature et s’est installée en Angleterre. Ce personatus bleu fut accouplé à une forme sauvage
verte.

De ce couple, on obtint jusqu’en 1929, dix descendants de couleur naturelle qui furent croisés pour le bleu. En 1930, les premiers oiseaux bleus étaient obtenus en captivité à partir des oiseaux croisés.

En 1935, M. Morin (France) produisit également différents personatus bleus à partir de porteur bleu x porteur bleu. Peu de temps après, les premiers personatus porteur bleu allèrent aux USA, plus tard aussi au Japon. Après la seconde guerre mondiale, les personatus bleus furent élevés sur une grande échelle, surtout au Japon.

La mutation bleue se transmet de façon autosomique et est récessive par rapport à la couleur naturelle. Le facteur héréditaire de cette mutation est indiqué par le symbole bl. Le symbole pour la couleur sauvage originale est… (suite dans la revue n°339)

 

PSITTACOM

Président: M. Jany LECOMTE
Tél. : 06 16 44 08 65 / janylecomte@orange.fr

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