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Les Perruches splendides, ma passion

(Neophema splendida)

Claude BOHLER

Oiseaux du Monde n°344 – Février 2017

Eleveur de canaris depuis ma plus tendre enfance, je me suis pris de passion pour la Perruche splendide en couleur sauvage dès leur apparition en concours !

Ayant longtemps essayé (en vain) d’acquérir un couple auprès de M. Hinterlang qui fût longtemps le champion incontesté de ce type d’oiseaux en France, je me décidais (enfin) en 2001 pour le choix d’un couple lors d’une bourse à Hannut en Belgique. Malheureusement le mâle mourût en très peu de temps sans avoir procréé, je réussis à acquérir en désespoir de cause un nouveau mâle très médiocre car le ventre barbouillé de taches rouges, chez un éleveur de la région…

Réputée pour sa beauté, mais aussi pour sa fragilité, la Perruche splendide est originaire d’Australie.
[© Philippe Rocher · El. Jean-François Stephan & Lionel Bottollier – Castres 2012]

Enfin je réussis à avoir les 4 premiers jeunes fin mars 2001 et tout se passa bien, les deux parents étant très assidus au nourrissage, malheureusement pour la 2ème nichée les parents refusèrent de nourrir les petits au bout de 3 semaines. Étant novice de l’élevage de ce type d’oiseaux, il ne me vint pas à l’esprit que je devais intervenir en nourrissant moi-même. Après la perte de 3 jeunes littéralement morts de faim, je me décidais à gaver le dernier survivant et à le sauver. Cet oiseau nourri à la main (futur champion de France) était bien sûr complètement apprivoisé et il passait une bonne partie de la journée sur mon épaule.

Malgré le fait que mon mâle d’élevage était plutôt médiocre les jeunes étaient tous superbes, cela tendrait à prouver que c’est surtout la femelle qui apporte la qualité, car dès le premier concours (régional ROLAC
2001) mes oiseaux ont battu ceux de M. Hinterlang en faisant champion et troisième en mâle, et cela n’était pas un hasard car au national 2001 à Belfort ils ont obtenu le même classement, et depuis cette année là mes oiseaux font régulièrement les podiums au championnat de France plus une 2ème, 4ème et 5ème place au Mondial de Tours.

Un bel oiseau, mais délicat

Originaire d’Australie la Perruche splendide appartient au genre Neophema. Très belle de part ses couleurs chatoyantes elle est malheureusement peu élevée car trop fragile… En effet, elle ne supporte pas l’humidité et les grands froids, pour cette raison mes oiseaux sont élevés et gardés à l’intérieur à l’abri des intempéries. Autre handicap, il y a souvent des pertes au retour des expositions à cause du stress subi pendant cette période !

Arborant une fière poitrine rouge, ce mâle a tous les atouts pour séduire.
[© Philippe Rocher – El. Jean-François Stephan – Castres 2012]

Une reproduction à surveiller

En règle générale ces oiseaux élèvent bien, mais il faut utiliser de préférence des femelles de 2 ans bien qu’elles puissent déjà pondre à 1 an. Pour les mâles, il n’y a pas de problème à partir de 8 mois !

La ponte est en moyenne de 6 œufs, pondus à intervalle de 2 jours dans l’après midi. Personnellement je retire les 4 premiers que je remplace par des œufs factices, le jour de la ponte du 5ème je remets tous les œufs à la femelle. La femelle seule va couver pendant 21 jours en moyenne. Il arrive parfois que cela dure plus longtemps… Pour m’assurer que les jeunes ne sont pas morts dans les œufs, je baigne ceux ci dans de l’eau tiède pour les voir bouger (embryon vivant).

Pendant la couvaison, le mâle s’occupe de la femelle en lui apportant de la nourriture au nid ! Comme les femelles descendent rarement du nid je mets du millet en grappe ou des madeleines à disposition dans leur nid artificiel, personnellement je n’utilise pas de tourbe pour le fond du nid mais des copeaux de bois pour hamster.

Une nourriture variée

La nourriture est composée d’un bon mélange de graines pour Euphèmes auquel je rajoute 25% d’alpiste, de la pâtée au œufs sèche pour canaris. Je prépare cette dernière tous les jours en période d’élevage, en rajoutant un tiers de couscous gonflé à l’eau chaude, de temps en temps je rajoute de la pomme ou des carottes râpées, et aussi des baies de Pyracantha que je garde au congélateur durant l’hiver, des pommes golden dont ils sont friands durant toute l’année et aussi du mouron blanc quand c’est la période !

Comme je ne fais jamais de graines germées, je leur donne une fois par semaine (en supplément) leur
mélange de graines bouilli pendant un bon quart d’heure et ils raffolent de ça…

Les jeunes au nid sont nourris au début par la femelle seule. Elle reçoit l’aide du mâle qui la nourrit à travers le trou d’envol du nid. Par la suite, le mâle ira lui aussi nourrir dans la boîte. Les jeunes restent en moyenne une trentaine de jours au nid et lorsqu’ils quittent celui-ci, ils commencent rapidement à manger seuls tout en acceptant la becquée des parents.

Jeunes splendides à 26 jours.
[© Claude Bohler]

Un sevrage sous surveillance

En principe je laisse les jeunes avec les parents dans leur box d’élevage (100 x 0,50 x 0,40) jusqu’à l’âge de 2
mois, mais attention il faut surveiller, car comme souvent la femelle aura démarré une nouvelle ponte et le mâle pourrait se montrer agressif envers ses petits…

À l’âge de 2 mois je mets les jeunes (qui ressemble tous aux femelles avant leur première mue qui commence vers l’âge de 4 mois) en volière avec d’autres sujets adultes qui ne sont pas à l’élevage.

Si je remarque un problème chez les jeunes en volière je les remets pendant un certain temps en grande cage. Rappelez-vous ce sont des oiseaux très fragiles et ils peuvent dépérir en quelques jours en perdant beaucoup de poids cela se voit au bréchet saillant, comme remède du Santalina, un produit digestif qui vient d’Allemagne, je leur donne également du pain au lait sucré au miel, ils en raffolent.

Jeunes splendides à la sortie du nid.
[© Claude Bohler]

Je vermifuge mes Splendides tous les 3 mois !

Des oiseaux de concours

Pour les concours, les oiseaux de l’année sont rarement exposés car la mue complète se fait en 2ème année, habituellement mes oiseaux ne font qu’un concours car souvent ils font une mue après une semaine d’exposition ou bien ils auront beaucoup maigri malheureusement.

Définitivement passionné…

Pour conclure, malgré tous ces inconvénients je persiste à élever ces magnifiques oiseaux qui ne crient pas mais gazouillent gentiment dans leurs volières (à l’intérieur en sous sol) et lorsque je les nourris ils viennent se poser sur moi, et puis ils m’ont apporté tellement de satisfactions dans les concours.

 

PSITTACOM

Président: M. Jany LECOMTE
Tél. : 06 16 44 08 65 / janylecomte@orange.fr

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