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Les Merles bleus

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Guy BARAT

Oiseaux du Monde n°329 – Août-Septembre 2015

Reproduction

Les mâles Merlebleus peuvent se montrer très tendres envers leurs compagnes. [© Steve Byland – 123rf.com]

Le Merlebleu de l’ouest est monogame. Pendant la parade nuptiale, le mâle chante et se balance devant la femelle, ailes semi-ouvertes et queue déployée en éventail. Il peut se montrer plus tendre, lui lisser les plumes et lui offrir de la nourriture.

Oiseau cavernicole le Merlebleu de l’ouest utilise pour nicher un nid de pivert ou des cavités naturelles placées à bonne hauteur, on n’est jamais trop prudent. Ce nid, construit par la femelle, parfois aidée par le mâle, est une coupe lâche faite de brindilles et de tiges, tapissée en dedans avec des matériaux végétaux plus fins.

 

Un couple reproducteur dans la volière de l’auteur. [© Guy Barat]

La femelle dépose 4 à 6 œufs bleu pâle et leur assure une incubation d’environ 12 à 18 jours. Le mâle assure les besoins alimentaires puis les deux parents nourrissent leurs poussins qui quittent le nid au bout de 2 ou 3 semaines pour atteindre leur maturité sexuelle à un an. Cette espèce produit une à deux couvées
par saison.

Comme ses deux cousins le Merlebleu de l’ouest se nourrit principalement d’insectes (plus de 80% de son régime), mais pendant l’hiver, il consomme aussi des baies et des fruits. Il se nourrit aussi d’araignées, d’escargots et de vers de terre.

Élever le Merlebleu

Qu’ils soient sialis ou mexicana ces Merlebleus sont proposés de plus en plus sur les sites de vente étrangers, notamment le grand Vogelmarktplaats. Il y a là un bon choix d’insectivores ou de granivores, c’est tant mieux pour la biodiversité. Les oiseaux acquis, comptez de 500 à 800 € le couple, l’entretien est assez aisé. Ils seront placés en cage de quarantaine et soumis à un régime insectivore de qualité, avec évidemment, des insectes au menu, vers de farine, teignes de ruche, petits grillons.

Insectivore, ce Merlebleu donne à son petit affamé un vermisseau tout frétillant. [© Steve Byland – 123rf.com]

Chez moi ce fut simple : insectes et ma pâtée insectivore complétée avec du jaune d’œuf cuit, des lamelles de tofu et des raisins de Corinthe gonflés à l’eau, pas de problème. Si ce n’est que j’ai noté que ces oiseaux mangent peu, ça surprend, il est vrai qu’ils aiment à rester sur leur perchoir, calmes et confiants. Rien à voir avec les turbulents Garrulaxes de mes autres volières ou les Rossignols du Japon.

Élevage du Sialia mexicana

Oiseau cavernicole il a longtemps été victime de prédateurs divers, d’un environnement dégradé : agriculture intensive, arbres morts abattus car non rentables entraînant un manque de nichoirs naturels. L’opinion sensibilisée a su réagir par la mise en place de
nichoirs artificiels et la population du merle a cessé de décliner pour augmenter peu à peu.

Volière de reproduction. [© Guy Barat]

Les nichoirs mis en place sont d’accès facile et d’un coût bon marché. Tout est calculé. En effet si les Merlebleus utilisent des nids de piverts ou des cavités naturelles dans les arbres ils sont incapables de les aménager n’ayant pas le bec adapté pour percer et forer le bois. Ces nichoirs en bois (on a essayé des tubes en plastique) ont les dimensions suivantes : 15 x 15 cm sur une hauteur non précisée mais qui doit correspondre à un grand nid à perruche. Le trou d’entrée est précédé d’une petite cale où l’oiseau s’accroche et adapté à la taille des oiseaux peut être muni d’un perchoir si le couple est seul, sinon on le supprime pour empêcher les autres occupants de s’introduire dans le nid bien que les merles sachent garder leur territoire.

Guy Barat est notamment l’auteur du livre Ces Oiseaux appelés les Becs Fins publié aux éditions The Zebra Finch

Disponible à La Boutique Ornithologique

Enfin il est important de protéger l’entrée du nid de la pluie par un toit qui avance bien au-delà. Le couple aménagera son « domicile » avec des matériaux divers : herbes sèches, fibres de coco, sisal, etc. à chaque éleveur de proposer ce qu’il a remarqué plaire. Ponte de 4 à 6 œufs, incubation de 12 à 18 jours. Les jeunes quittent le nid au bout de 16/18 jours pour être adultes à un an. Deux pontes peuvent être attendues par an.

En conclusion ces Merlebleus peuvent conquérir une belle place dans nos volières si les éleveurs s’en donnent la peine. Cela apportera une biodiversité mise à mal, ce n’est que mon avis mais il est partagé, par l’attrait qu’exercent un peu trop actuellement les becs crochus. L’excès en tout est un défaut et avec les techniques modernes des espèces nouvelles peuvent s’installer durablement.

Exotiques becs-fins pas morts, c’était le but de cet article.

 

Retrouvez cet article et bien d’autres

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