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Le Caïque maïpouri

Couple de Caïques surveillant l’entrée de leur nid. [© Fruitwerks – http://commons.wikimedia.org]

Expérience d’élevage

Daniel ROBERT

Oiseaux du Monde n°352 – Décembre 2017

Plus communément appelé Caïque à tête noire il appartient à la famille des Psittacidae.

Éleveur amateur d’oiseaux exotiques, j’ai toujours eu un penchant pour les perruches et perroquets originaires d’Australie. Pourtant il y a quelques années j’ai eu l’occasion de voir un couple de Caïques à tête noire et je me suis dit :

Ils sont d’un autre continent, ne sois pas chauvin c’est un oiseau superbe pourquoi ne pas en prendre un couple ?

Jeune Caïque maïpouri en plumage juvénile. [© Daniel Robert]

Identification

Nom usuel
Caïque maïpouri
Nom scientifique
Pionites melanocephala
Famille
Psittacidés
Origine
Du nord du fleuve Amazone au nord-est du Pérou
Dimorphisme sexuel
Aucun dimorphisme connu
Taille
23 cm
Longévité
+ 20 ans
Période de reproduction
Printemps/été
Classe concours
N01 012-0 (individuel)
N01 011-0 (stam)
Diamètre de bague
7,5 mm
Sous-espèces
Pionites m. melanocephala
Pionites m. pallida

En 2011 j’ai donc fait l’acquisition d’un couple dont la description est la suivante : les oiseaux mesurent environ 23 cm de long avec un poids qui peut varier de 130 à 170 gr. La tête assez forte de l’oiseau présente une calotte noire qui descend en dessous des yeux. Les joues et le cou sont jaune d’or avec une marque verte de chaque côté de l’attache de la mandibule supérieure du bec qui est massif et noir. La poitrine et le ventre sont blancs mais teintés de jaune pâle. Le bas de la queue et les culottes sont jaunes orangé, le dessous de la queue étant un peu plus claire. Le dos et les ailes sont vert sombre. Les cercles oculaires peu marqués sont bleus et les iris orange. Les pattes sont noires.

Les juvéniles comme l’oiseau de la photo ci-dessus (6 mois) ont la poitrine jaunâtre tandis que le jaune doré du cou est plus nuancé. Il existe une sous-espèce reconnue : Pionites melanocephalus pallidus. Les cuisses sont jaune citron.

L’espèce in situ

À l’état sauvage sa population n’est pas en danger. Son habitat est en forêts humides et végétation dense. On le trouve en Colombie, Guyane, Nord de l’Amazone et Brésil.

Mais avant de poursuivre, il faut savoir que cette espèce de caïque est protégée par la convention de Washington en annexe II, par l’Union Européenne en annexe B et par l’arrêté de Guyane pour les résidents Français.

Retrouvez cet article et bien d’autres

dans la revue Les Oiseaux du Monde n°352 – Décembre 2017
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Son classement en IIB pro oblige ses détenteurs à être titulaires d’une autorisation de détention Préfectorale. À titre indicatif les oiseaux sont bagués avec du 7,5mm.

Il existe deux sous-espèces se distinguant par la couleur de leurs culottes. [© Абаджева Марина – 123rf.com]

Les caïques en élevage

Chez moi le couple est installé dans une volière avec un habitat en dur et un nid ouvert toute l’année car les caïques s’en servent de dortoir. Ce ne sont pas des oiseaux fragiles qui ne nécessitent pas de vastes installations : ce sont plus des grimpeurs que des voiliers.

Au niveau de la nourriture ce ne sont pas des oiseaux difficiles, par contre ils adorent les fruits et légumes : j’ai même lu dans une revue qu’ils pouvaient se nourrir uniquement de fruits. D’ailleurs à ce sujet je confirme : j’ai deux jeunes femelles de 6 mois et je me vois dans l’obligation de leur supprimer petit à petit la pâtée que je leur confectionne avec des fruits et légumes pour les obliger à manger graines et extrudés ! Il me faut préciser également que c’est le seul couple de tous mes oiseaux qui boit le plus d’eau, et qui adore se baigner.

Mon expérience

Lorsque j’ai l’acquisition de mon couple j’ai eu deux oiseaux nés en 2007. En 2016, pour la première fois ils ont eu deux petits : deux filles. Passionné pour l’élevage je suis patient dans le domaine !

Mais en ce qui concerne la reproduction c’est assez délicat. Mon couple est formé d’un mâle élevé à la main et d’une femelle sauvage.

Comme c’était la première année que sont apparus des œufs dans le nid, j’ai contacté un ami capacitaire qui avait les mêmes caïques que moi. Il m’a conseillé de retirer les œufs et de les mettre en couveuse sinon les parents risquaient de les dévorer. J’ai donc suivi ses conseils et mis quatre œufs en couveuse. Quelques 22 jours après un oiseau naissait, deux œufs étaient clairs et le dernier mal positionné dans l’œuf a bien cassé un morceau de la coquille mais n’a pas pu en sortir et il est mort.

Les Caïques font d’excellents oiseaux de compagnie et sont très appréciés dans les foyers. [© Peter Békési – http://commons.wikimedia.org]

Par contre, n’étant pas trop pour l’élevage à la main, je me suis dit : « si l’année prochaine la femelle pond à nouveau, on lui laissera ses œufs et on verra bien ». Je n’ai pas eu à attendre : la femelle a pondu à nouveau trois semaines après et je lui ai laissé ses œufs. Après 22 jours sur les 4 œufs présents dans le nid un petit naissait, mais quelques jours après il ne restait plus que deux œufs sur trois bien que le couple élevait un petit. Il restait donc dans le nid le petit et deux œufs. Et pour conclure, 4 ou 5 jours après la disparition de l’œuf, il y en avait un dont la coquille présentait une cassure. Je me suis dit c’est pour demain, mais manque de chance, le lendemain les deux derniers œufs avaient disparu bien qu’ils élevaient toujours le premier né. Au moment de baguer ce petit qui était avec ses parents, j’ai eu l’occasion de discuter avec l’ami capacitaire qui me dit :

 

« Fais comme tu veux, bague-le, laisse-le avec ses parents, mais ne t’étonne pas si demain il a disparu : l’an passé j’ai voulu faire comme toi. J’ai bagué trois petits et le lendemain ils avaient été mangés, j’ai juste retrouvé les bagues au fond du nid. »

J’ai donc pris la décision de sortir le jeune oiseau le jour où je l’ai bagué et j’ai préféré le nourrir à la main. Il faut avouer que c’est très long avant que ces oiseaux ne se décident à manger seul. Il faut deux bons mois. Par contre, quelle satisfaction ! Bien que l’élevage à la main soit contraignant, ce sont des oiseaux adorables que l’on peut manipuler sans pour cela être mordu ou griffé.

Un oiseau beaucoup trop jeune, mais pourtant présenté en concours. [© Pierre Channoy]

En ce qui concerne la reproduction il ne faut certainement pas généraliser, il doit bien y avoir des couples qui élèvent leurs petits sans les dévorer ; dans la nature personne ne les élève à la main. Pour ma part, il n’est pas question de faire l’expérience avec un autre couple, j’ai mon quota atteint avec cinq couples de perroquets.

Pour ce qui est du type sauvage la manipulation de ces oiseaux est à prendre avec précaution, ils ont la particularité de vous agresser autant avec leurs pattes qu’avec le bec en se mettant sur le dos.

Actuellement cette espèce est très recherchée car ce sont de supers oiseaux de compagnie de par leur caractère et avec une simple autorisation préfectorale de détention, on peut en détenir. Les oiseaux ne pourront être cédés qu’à des éleveurs ayant eux même une autorisation de détention Préfectorale ou étant capacitaires.

 

PSITTACOM

Président : M. Jany LECOMTE
Tél. : 06 16 44 08 65
Email : janylecomte@orange.fr
Site internet

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