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La mutation fallow de l’ondulée

Alain DELILLE
MDO

Oiseaux du Monde n°334 – Février 2016

Il est indiscutable que la mutation Fallow diminue fortement la taille. Il n’y a, dans notre monde de l’Ondulée, que quelques rares spécialistes de cette variété, c’est à dire quelques “fous” diront certains dont l’élevage de 200 jeunes ou plus n’est consacré qu’à cette mutation. Il est indiscutable que c’est auprès d’eux que l’on peut aller chercher des confirmations valables, plus que vers celui qui fait un ou deux couples de fallows pour se faire plaisir, car en général ce n’est même pas la peine de les emmener devant un juge. Les deux spécialistes auxquels nous nous référerons sont Scaly Mike et Franck Molt. Il est intéressant de rapporter ici ce que raconte Franck de ses débuts avec les fallows et des résultats qu’il en a obtenu.

Variété réservée aux «fous», le fallow chez la Perruche ondulée met à l’épreuve la patience et l’humilité de l’éleveur.
Élever cette mutation condamne à être écarté des plus hautes marches du podium des Perruches ondulées de posture.
[© Philippe Rocher – Brout Vernet 2010]

“Nous acquîmes notre premier couple de Fallow dans un magasin. Je visite régulièrement les “Pet shops” de ma ville et ce jour-là je vis dans une boutique cinq fallow allemands. La condition générale des oiseaux était médiocre. Les oiseaux étaient petits et nerveux. Ils étaient logés avec des Inséparables et des Calopsittes et la plupart des ondulées avaient des ongles manquants et étaient estropiées. Néanmoins, j’achetais deux de ces fallows allemands par curiosité : le mâle était opaline violet et la femelle cobalt. Aujourd’hui, nous pensons que c’était une bonne idée car une année plus tard nous eûmes le plaisir d’avoir 30 ondulées porteuses de fallow dans nos volières. Le mâle “Fallow opaline violet” avait été accouplé avec une opaline cobalt/dilué et ils élevèrent 8 jeunes. La femelle “Fallow cobalt” eut comme partenaire un mâle bleu/opaline et ils élevèrent 22 jeunes en 3 couvées. Une caractéristique de cette femelle était qu’elle pondait jusqu’à ce que le premier petit naisse. Ses pontes variaient entre 9 œufs (1ère ronde) et 13 œufs (deuxième). Le nombre maximum des jeunes élevés fut de 9 (en deuxième couvée).

Essentiellement travaillée chez les ondulées de posture, la mutation fallow arrive chez les ondulées de couleur où elle devient une variété parfaite pour le concours !
[© Pierre Channoy – Mondial Bari 2015]

Nous avons décidé d’arrêter l’élevage après la troisième couvée bien que les oiseaux soient encore en excellente condition. Nous avons gardé pendant un an tous ces porteurs de fallow en vue de sélectionner les meilleurs une fois adultes pour les accouplements futurs. Nous avons aussi utilisé ces issus pour évaluer la transmission des caractères physiques. En particulier, la longueur de tous les oiseaux, parents compris, fut mesurée et nous en tirâmes un graphique. La taille du père était de 24 cm et 21 cm pour la mère fallow. Le mâle était un bon oiseau de concours. La taille moyenne des jeunes fut de 20,3 cm.

Franck MOLT rajoute que le type des oiseaux n’avait pas augmenté car ils ressemblaient à leur mère : petits, minces, têtes étroites et petits spots.

Courbe de répartition de la taille des jeunes issus de cet accouplement

Il en concluait que la plupart des gènes qui définissaient la taille (et probablement d’autres caractères de forme) n’étaient pas dominants du tout.

À ce stade-là des observations, on peut quitter un peu le fallow pour faire une petite digression plus générale. Il n’est pas fréquent d’avoir 22 jeunes à partir des mêmes parents et c’est en cela que la courbe ci-contre est intéressante et colle de très près à la réalité.
Avec 22 résultats on est, en terme de statistique, à 95 % près de la réalité.

La courbe de distribution des tailles a d’ailleurs une forme parfaite de courbe en cloche (dite courbe de Gauss) nous montrant ce que l’on connaît tous : peu de très petits ou de très grands, beaucoup de moyens. La sélection ne vise qu’à déplacer cette courbe vers la taille maximum.

Néanmoins, on s’aperçoit ici de deux choses :

  • l’une est logique, même si elle nous déplaît souvent : les accouplements ne donnent pas de résultats mathématiques, la taille moyenne des jeunes n’est pas celle du père + celle de la mère / 2 !! (On aurait eu ici 22,5cm)
  • l’autre est illogique : la taille moyenne des jeunes est inférieure à la taille du géniteur le plus petit -ici la mère- que je ne trouve pourtant pas naine avec ses 21 cm pour un “pet bird”, j’ai connu des fallows plus petits que cela !!

Ce qui nous paraît illogique ici est imputable – à mon avis – à deux facteurs : la mutation fallow proprement dite ET l’absence de sélection sur la mère. Nous verrons dans la suite de cette étude l’évolution des tailles des porteurs en fonction de la sélection.

Avant de redonner la parole au spécialiste, il faut faire toucher du doigt (au passage) la prolificité de ces oiseaux. On a très fort tendance aujourd’hui à dire que (en plus !) les fallows ne sont pas prolifiques. Mes premiers fallows il y a 25 ans étaient aussi très prolifiques. Alors rendons à César ce qui lui appartient : les fallows sont très féconds, c’est la sélection qui les rend moins prolifiques !

(à suivre)

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Président : M. Jany LECOMTE
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