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Élever des hybrides ?

Armand GAVILAN

NDLR :
– L’hybridation est une discipline reconnue par l’UOF (COM France), mais par souci de préservation du patrimoine génétique des oiseaux d’élevage, ce type d’élevage doit rester un exercice de challenge. L’hybridation ne devrait être recherchée que dans un but de recherche zootechnique. Il faut éviter les métissages et les hybridations entre espèces phylogénétiquement proches. C’est pourquoi les hybridations au sein d’un même genre ne sont pas admises en concours jugés selon les critères de la CNJF.
– Légalement, l’hybride aura la protection de son géniteur le plus protégé. L’éleveur d’hybrides sera donc souvent soumis au certificat de capacité et à l’ouverture d’établissement d’élevage.
Oiseaux du Monde n°350 – Octobre 2017
Les éleveurs qui ont choisi cette discipline ont, délibérément, tourné le dos à la facilité.

En effet, ce type de croisement requiert de la part de l’éleveur, patience, constance et ténacité beaucoup plus que pour un simple accouplement de canaris, où il suffit souvent et simplement de mettre un mâle et une femelle en présence.

Pour ma part, j’ai obtenu mes premiers hybrides il y a bien 55 ans, avec des fortunes diverses, car les résultats escomptés ne sont jamais acquis d’avance. Et c’est toujours ce point d’interrogation subsistant qui rend cette discipline si passionnante.

Cet article n’a aucune prétention et n’a d’autre ambition, que celle d’apporter ma modeste contribution à la compréhension et à la réussite éventuelle de tels accouplements.

Y a-t-il une formule magique pour réussir un hybride ?

Je ne le crois pas. Par contre, ce dont je suis sûr, ce sont les quelques bases ou conditions nécessaires qui devraient être, selon moi, érigées en règles générales et auxquelles, pour ma part, je souscris entièrement et qui sont au nombre de trois :

  1. Acclimatation de l’oiseau indigène.
  2. Présentation des oiseaux (ou accouplement).
  3. Emplacement de la cage d’élevage.

Une petite prouesse d’élevage : un hybride entre un Carpodacus et un Pyrrhula (Carpodaque du Mexique X Bouvreuil pivoine) [© Philippe Rocher – El. Carmine Bioisi – Tours 2011]

Acclimatation :

Terme d’ailleurs impropre car on devrait parler plutôt « d’ADAPTATION ».

Par exemple : pour la femelle chardonneret, prendre un oiseau d’élevage et jeune (avant l’apparition du masque rouge et ayant deux années de cage).

Méthode d’acclimatation :

Les oiseaux indigènes ne doivent pas être laissés ensemble, car leur instinct génétique les pousse à rester entre eux et donc à prendre leur distance par rapport aux autres groupes.

Il est donc nécessaire de placer un individu indigène au milieu d’un groupe de canaris.

La position de la cage est également très importante. Celle-ci devra se trouver à hauteur d’homme de façon telle qu’on puisse la dominer légèrement.

 

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Présentation des oiseaux

Où et quand doit-on les mettre ensemble ?

Pour ma part le plus longtemps possible à l’avance et de préférence après la mue qui précède la période d’accouplement c’est-à-dire en SEPTEMBRE.

Emplacement de la cage d’élevage

L’emplacement de la cage est très important. Il faut absolument que l’oiseau (ou les oiseaux) se sentent bien aux conditions de calme et d’ensoleillement maximum.

En ce qui me concerne j’expose les cages façade à l’Est, c’est-à-dire face au lever du soleil.

 

N.B. : Certains éleveurs qui malheureusement sont limités par les emplacements favorables et par l’espace, vont sourire et je les comprends, mais j’énonce ici les conditions qui me paraissent les meilleures pour mettre toutes les chances de notre côté, ce qui n’exclut pas par ailleurs, la réussite dans de moins favorables conditions (on a vu de très beaux hybrides naître dans la cuisine…!)
Donc que les éleveurs tentés par l’hybridation ne se découragent pas.

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